Le Norseman vue par Manu

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NORSEMAN

3 août 2013

Pour moi, avant cette journée, la Norvège c’était des paysages grandioses, des fjords majestueux. Promesse tenue, on en prend plein les yeux.

Alors pourquoi  ne pas aller y faire un triathlon ? Il y a ce Norseman , un triathlon différent des autres : inscription sur tirage au sort, expérience à vivre à deux avec un suiveur,  rien d’autre à gagner qu’un tee-shirt noir, et surtout un triathlon qui se termine au sommet d’une montagne, le Gaustatoppen. Tout ça ne pouvait que me plaire. La distance ne m’inquiète pas, je l’ai testée l’an passé sur le triathlon d’Embrun :  3.8 km de  natation dans un fjord, 180 km de vélo au travers d’un parc national et un marathon , avec pour corser le tout 5000m D+ dont 1800 sur le marathon.  Quand le verdict du tirage au sort tombe, je n’hésite pas longtemps, je me considère comme une grande chanceuse.

J’avais juste négligé un détail : la météo norvégienne capricieuse…

S’ensuit 9 mois de préparation. Le rythme familial est calé sur mes entraînements.

3 août . La journée commence tôt, lever 2h30 le matin. En route pour le parc à vélo à Eidfjord. Il fait encore nuit. Je suis complètement détendue, j’ai déjà fait plusieurs fois la course dans la tête. Mais ce que je ne sais pas encore c’est que  rien ne se passera comme je l’avais envisagé…

La veille, la météo annonce la journée la plus mauvaise de la semaine pour ce samedi 3 août. J’ai du mal à y croire vu le beau soleil et le calme ambiant. Au briefing  les organisateurs nous annonce même une eau à 17°, c’est exceptionnellement chaud pour un fjord. En allant faire quelques brasses avec  Stéphane le collègue du club, je décide même de ne pas mettre les chaussons   et de m’en tenir à la cagoule pour la natation.

3 heures. L’installation dans le parc à vélo est rapide car il n’y a que la première transition vélo à y déposer. La seconde transition est bien plus loin.

4 heures. Montée dans le ferry avec Stéphane. Tout va bien. Quelques photos souvenirs.



4 heures 50. L’arrière du ferry s’ouvre. Le moment tant attendu pour en découdre. Un coup de vent nous surprend et on devine que l’eau sous nous n’est pas tout à fait calme. Aïe. L’avis de tempête du matin se confirme. On décide avec Stéphane de sauter parmi les premiers pour aller se placer « behind the cayak, please » répété en boucle par les rameurs sur l’eau.  L’eau n’est pas froide, c’est déjà ça. Alors là, l’attente de la trompette du bateau est interminable, la tension monte d’un cran. Au bout de longues minutes qui me semblent une éternité, la corne de brume sonne enfin, c’est parti. Et là, la première difficulté commence dès la natation, une houle me secoue de haut en bas, impossible de nager correctement, je bois tasse sur tasse, je ne vois rien  devant. Je cherche pendant une bonne moitié de parcours ce p…. de canoë clignotant derrière lequel il faut tourner. J’ai une pensée émue pour les non-nageurs, car nager dans ces conditions est  une véritable épreuve. Je laisse beaucoup (trop)d’énergie sur cette partie. Je sors de l’eau tant bien que mal. Je suis nauséeuse, je crois que j’ai eu le mal de mer.

Je me réjouis de monter sur mon vélo, mon fidèle compagnon. Alors là je comprends vite dès les premiers 10 km que ça ne passera pas non plus comme prévu. La journée va être longue, très longue… Le parcours commence d’entrée sans échauffement par 40 km d’ascension du premier col. Pas de problème en théorie vu les dénivelés que j’avais encaissés pendant la préparation. Je suis pourtant très mal pendant cette montée, j’ai encore la nausée et  je n’ai aucune bonnes sensations, où sont mes jambes ??? Mes cuisses me font déjà mal. Est-ce que ma préparation vélo est mauvaise ? En fait un vent de face  me scotche sur place et je lutte pendant les 2h de montée. Etant donné que le parcours vélo est toujours dans le même sens, cela signifie que nous allons avoir ce vent, que dis-je, cette bourrasque permanente dans le nez sur la totalité du parcours ? Je commence à m’inquiéter. Arrivée au sommet, Mathieu m’attend avec du thé chaud, ça fait du bien. Je me force à manger malgré la nausée persistante. Le parcours se poursuit avec 40 km sur le magnifique et grandiose  plateau du parc national de Hardangervidda. Deux jours avant on avait repéré le parcours en venant de l’aéroport d’Oslo par une belle journée ensoleillée.   J’étais confiante. Mes qualités de rouleuse vont pouvoir enfin s’exprimer. Que nenni. Le vent sur le plateau est déchaîné. Je continue de lutter. La vitesse indiquée sur le compteur est inquiétante. Je me fais doubler par les gros rouleurs sur prolongateur avec casque profilé. Je regrette de ne pas avoir mis le prolongateur. Ça y est je commence à me trouver des excuses, je repousse les pensées négatives qui pointent. Le paysage est sublime. Au km90, un concurrent français m’annonce qu’on est autour de la 110ème place encore bien placés pour le tee-shirt noir réservé au 160 premiers. Heureusement que je ne n’ai pas encore conscience de la seconde barrière : l’horaire. Du km 90 au km140, c’est une succession de 4 cols de plus en plus hauts. Les éléments naturels se déchaînent : pluie battante, vents toujours là, je suis trempée, je commence à avoir froid dans les descentes.  Le dernier col  m’achève, le moral est bas, je me fais doubler sans arrêt. Ça n’est  pas possible avec la préparation que j’ai faite ? En fait les gars sont très forts en vélo sur cette épreuve.  Arrivée au dernier sommet, je me défoule  sur Mathieu, pas facile d’être suiveur. La partie la plus dure du vélo, la plus mémorable,  ce sont  les 10 kilomètres suivants à lutter face au vent violent dans un brouillard épais et  une pluie battante. Je ne vois absolument rien d’autre que la ligne blanche au sol. Grand moment de solitude. A ce moment de la course, je ne pense qu’à une seule chose : finir. Peu importe la couleur du tee-shirt. Je pense à toutes les personnes qui m’ont encouragée avant de partir, ça m’aide. Ce tee-shirt noir, c’est trop de stress à gérer. Les 30 km de descente sont « roulants », mais je n’ai plus de jambes pour me faire plaisir. J’arrive enfin au parc à vélo au bout d’un combat sans répit. Je suis tellement triste de n’avoir eu aucun plaisir sur le vélo, moi qui adore ça. Je m’écroule dans l’herbe, Mathieu me change. Il m’annonce que je suis pointée 137, que c’est encore jouable.

Au départ de la course à pied, le soleil refait son apparition. C’est incroyable la météo norvégienne. Je pars avec ce stress du tee-shirt noir qui revient. L’objectif maintenant est donc de ne pas se faire doubler avant les 32.5km, deadline du tee-shirt noir. Et on a tous le même objectif. Bonjour l’ambiance entre les coureurs ! C’est une sacrée différence avec les autres triathlons où il faut juste penser à terminer à son rythme.  J’avais prévu de tout donner sur les 25 premiers kilomètres de plat car après la côte pour gravir les 1800m de dénivelé est telle qu’il ne serait pas possible pour moi de courir. Mathieu m’alimente tous les 3 km. Plus rien ne passe, il faut se forcer à boire et manger car ça va durer au moins 6 heures. Heureusement que je ne sais pas encore  ce qui m’attend après l’arrivée au sommet. Comme à Embrun, je suis étrangement bien, après l’enfer du vélo, je double, je double…. Je ne lâche rien. J’arrive facilement au km25 en maintenant une allure régulière.


Il reste 7.5 km d’une côte à plus de 10% avant d’arriver au point clé. J’ai bon espoir. Je marche d’un bon pas. On marche tous en se suivant comme des zombis. Et là, je suis annoncée 120ème, c’est bon. Je vais pouvoir lâcher un peu. Sauf que patatras, on annonce la barrière horaire, les 160 ne pourront peut-être pas monter au sommet à cause du temps limite. Il faut continuer à lutter et puiser dans le mental. Au détour d’un virage, le tant attendu km 32.5 est là et l’arbitre me dit « congratulation  you can go to the top » ! Enfin libérée ! Malgré mon médiocre anglais, je comprends ensuite qu’il me dit que nous allons  devoir redescendre du sommet à pied car le funiculaire est en panne. Je calcule alors qu’il me reste encore au moins 4 heures d’effort… Mathieu qui trouve toujours les mots pour me convaincre me dit que je peux laisser ma place et bifurquer sur le parcours du tee-shirt blanc. Pas question ! J’irai au sommet et je redescendrai. Je prendrai le temps qu’il faut.  Il reste 5 km sur route, toujours vent de face bien sûr, je marche tranquillement en profitant du paysage, que c’est beau ! J’arrive au km 37.5, Mathieu a posé la voiture et m’attend, les 5 derniers kilomètres se font avec son suiveur sur un sentier caillouteux de montagne. Juste une petite rando, je suis dans mon élément, je suis bien, je monte à mon rythme sans plus aucune pression. L’arrivée au sommet est émouvante, on nous donne une couverture et une soupe. Il fait froid et ça souffle fort mais on est tous heureux. On admire le paysage qui vient de se dégager comme par enchantement.

Résultat : 15h51, 115ème, 11ème féminine.



Les organisateurs nous demandent de redescendre rapidement, la météo se gâte, tiens tiens… La descente est lente, très lente, interminable. Presque 2 heures.  On croise les derniers rescapés qui montent.  J’ai froid. La nuit arrive, on termine à la frontale.

Arrivée à la voiture : 23 h passé. Ce qui nous fait un effort de 18h au total…


PS : Les organisateurs nous confirment le lendemain qu’ils n’ont jamais eu des conditions  météo aussi dures pour le Norseman.

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Compte rendu d’Embrun par Manu

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Mercredi 15 août 2012, le jour tant attendu est enfin arrivé.

Réveil à 4 heures, entrée dans le parc à vélo à 4h45 avec la caisse pleine à craquer, elle craque d’ailleurs juste avant d’arriver. Il y a un monde fou dans le parc et hors du parc, je parle avec mes voisines inquiètes, on s’encourage pour cette journée un peu spéciale. Toutes les filles sont placées dans la même allée, une cinquantaine seulement pour 1000 gars. On est juste à côté des 10 garçons pro, ils n’ont pas tous l’air très sereins… j’hésite à aller les rassurer.

Benoit, notre arbitre préféré, est là, c’est sympa de l’avoir à côté. Bernard, toujours serein, vient me voir aussi tout en finissant tranquillement sa première banane.

Puis le speaker annonce le prochain départ, il faut quitter sa chaise tellement confortable. Départ 10 minutes avant pour les filles, un avantage indéniable. Il fait encore nuit, les quelques minutes face à l’eau noire resteront le moment le plus émouvant de cette journée, je n’entends même pas ce que le speaker dit, il est pourtant juste devant moi avec son micro. C’est juste une rumeur ambiante mêlée aux encouragements des spectateurs. Je repense à toute cette année de préparation très spéciale.[…]

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TOULOUSE vue par Marco

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Je suis allé voir le sprint de l’après-midi. Volontairement je ne parle pas de l’organisation mais de nos coureurs et coureuses du TOAC.

Bravo à tous les Toacistes en rose ou en bleu qui ont participés !!!!

J’ai été heureux de constater qu’il y a encore beaucoup de débutant qui nage la brasse, au moins une quarantaine entre hommes et femmes.

Pour le reste, content de revoir Marc Dudon au départ d’un tri remis de sa mésaventure de santé. De plus à l’arrivé, il ne parle que de temps et pas de sa santé, ça veut dire qu’il va bien et que ces soucis de santé sont oublié.[…]

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